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Rentrée scolaire 2026 : les moyens humains seront-ils au rendez-vous pour les élèves en situation de handicap ?

À l’occasion de chaque rentrée des classes, la question de la scolarisation des élèves handicapés pose de nombreuses difficultés. En effet, il est récurrent de constater dans la presse des témoignages de parents dont les enfants n’ont pas eu accès à l’école, faute de présence d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).

 

Alors à l’occasion de la rentrée scolaire 2026, une question devrait être au centre des préoccupations lorsque l’on aborde le sujet de l’école pour tous : les moyens humains seront-ils au rendez-vous ?

 

Je vous en parle dans mon coup de gueule du mois.

 

Scolarisation des élèves en situation de handicap : que prévoit la loi ?

 

L’article 19 de la loi du 11 février 2005 garantit « une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant ».

 

Cette disposition précise par ailleurs l’obligation incombant aux pouvoirs publics d’investir « les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents et adultes handicapés » ainsi que le principe selon lequel « tout enfant, tout adolescent présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l’école ou dans l’un des établissements {…} le plus proche de son domicile ».

 

Les AESH, indispensables à l’école inclusive

 

Ainsi, il va sans dire que les AESH représentent le moyen humain dont la mise en place est la plus indispensable au bon respect du principe de scolarisation inclusive mais aussi des objectifs républicains et égalitaires poursuivis par notre pays.

 

Malheureusement, malgré l’existence d’un dispositif réglementaire ambitieux, le statut précaire et l’ensemble des difficultés auxquelles la profession est exposée ne permettent pas de veiller à la bonne application des obligations administratives.

 

Ainsi, le rapport publié en mars 2026 par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) dresse un constat particulièrement préoccupant de la situation professionnelle de ces aides humaines. Les données reprises par la SNALC montrent une profession qui progresse en effectifs, mais dont les conditions d’exercice demeurent profondément insatisfaisantes : temps incomplet, faibles rémunérations, multiplication d’enfants accompagnés, déplacements, usure professionnelle importante.

 

À l’approche de la rentrée scolaire, la réalité de ces difficultés ne concerne pas simplement les AESH, mais risque d’emporter des conséquences directes sur la situation des élèves en situation de handicap, ainsi que sur celle de leurs parents.

 

134 800 AESH à la rentrée 2024 : des effectifs en hausse, mais des difficultés persistantes

 

Lors de la rentrée 2024, l’Education nationale employait 134 800 AESH, soit une augmentation de 4,2 % par an depuis 2020. Ces accompagnants représentent désormais le deuxième groupe professionnel en effectif dans les écoles et établissements scolaires après les enseignants.

 

Sur le papier, cette augmentation constitue évidemment une évolution positive, témoignant de la place désormais donnée à l’accompagnement humain dans la mise en œuvre de l’école inclusive.

 

Néanmoins, la simple augmentation des effectifs demeure une mesure insuffisante si elle n’est pas accompagnée en amont d’une refonte totale des conditions d’exercice rendant cette fonction peu attractive et compliquant la fidélisation des personnels.

 

Temps incomplet et faibles rémunérations : des AESH toujours confrontés à la précarité

 

En effet, la question du temps de travail s’est toujours posée pour cette profession, témoignant à la fois d’une conséquence mais aussi d’une des causes les plus notables du phénomène de précarité qu’elle rencontre.

 

L’insuffisance de candidatures, si elle nécessite ainsi une répartition des élèves entre les AESH déjà en fonction, justifiant donc le fonctionnement en temps partiel et la faible rémunération, est le plus souvent présentée comme une conséquence de ces réalités alors qu’aucune campagne de sensibilisation n’a jamais été déployée par les pouvoirs publics pour témoigner de la nécessité primordiale du métier et de la place qu’il occupe dans l’application du principe d’égalité des chances.

 

Le rapport de la DEPP révèle ainsi que 98 % des AESH travaillent à temps incomplet, pour une quotité moyenne correspondant à 63 % d’un temps plein.

 

En 2023, leur rémunération mensuelle s’établissait à 1 030 euros nets seulement, jugée insuffisante par neuf accompagnantes sur dix au regard du travail effectué.

 

Certes, la situation contractuelle s’est améliorée : 64 % des AESH étaient employés en CDI à la rentrée 2024, contre seulement 16 % en 2020.

 

Mais la stabilisation du contrat ne règle pas à elle seule la question fondamentale de l’attractivité d’un métier majoritairement à temps incomplet et faiblement rémunéré.

 

Il semble difficile de garantir aux enfants un accompagnement stable dès lors que les professionnels qui le rendent possible travaillent eux-mêmes dans des conditions particulièrement précaires.

 

Un AESH pour plusieurs élèves : quelles conséquences sur l’accompagnement ?

 

Par ailleurs, il faut également ajouter qu’une telle précarité dans les conditions de travail n’est pas sans entraîner de répercussions sur la stabilité de la scolarisation de l’élève, le plus souvent accompagné par plusieurs personnes différentes.

 

Ainsi, au printemps 2025, 49 % des AESH accompagnaient quatre élèves ou davantage.

 

Cette donnée met en lumière une difficulté essentielle, car l’accompagnement d’un enfant handicapé ne peut être pensé comme une quantité d’heures à répartir dans un tableau.

 

L’accompagnant doit connaître l’enfant, ses besoins, ses difficultés et ses capacités. La qualité de cette relation et de l’accompagnement suppose nécessairement du temps et une certaine stabilité.

 

Rentrée scolaire 2026 : quels moyens pour une véritable politique d’inclusion scolaire ?

 

À quelques semaines de la rentrée, il est donc indispensable de déterminer combien d’enfants disposeront effectivement, dès les premiers jours de classe, de l’accompagnement correspondant à leurs besoins et combien de professionnels seront placés dans des conditions leur permettant d’exercer réellement leurs missions.

 

Par ailleurs, l’objectif de valorisation publique de la fonction d’AESH demeure toujours inachevé, alors qu’il représenterait un tremplin évident à la connaissance et la reconnaissance du métier.

 

Ces moyens employés œuvreraient en faveur d’une véritable politique d’inclusion scolaire, permettant à chaque enfant en situation de handicap de trouver sa place.

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