Après une amputation, la question de l’autonomie est souvent au cœur de l’indemnisation. Les assureurs mettent fréquemment en avant le coût des prothèses prises en charge : prothèse de marche, prothèse de sport, prothèse étanche, emboîture spécifique, renouvellements réguliers…
Puisque la victime bénéficie d’un appareillage performant, elle serait devenue autonome et n’aurait plus besoin d’aide humaine. Cette vision est trop réductrice. Une prothèse, même de grande qualité, ne remplace pas une jambe ou un bras. Elle ne se porte pas 24 heures sur 24. Elle ne supprime pas la douleur, la fatigue, les contraintes d’entretien, les difficultés de déplacement ou les moments où la victime doit vivre sans appareillage.
Une prothèse améliore l’autonomie, mais ne l’efface pas
L’appareillage est évidemment essentiel dans le parcours d’une personne amputée. Il permet de retrouver une mobilité, de reprendre certaines activités, de gagner en indépendance et de préserver une partie de l’autonomie. Mais il ne faut pas confondre amélioration de l’autonomie et autonomie totale.
Une personne amputée peut être appareillée et conserver un besoin d’aide humaine pour certains actes de la vie quotidienne. C’est particulièrement vrai :
- le matin, avant la mise en place de la prothèse ;
- le soir, après son retrait ;
- pendant la toilette ;
- lors des soins du moignon ;
- en cas de douleurs, d’irritations ou de plaies ;
- lors des déplacements difficiles ;
- pour certaines tâches domestiques ;
- pendant les périodes de fatigue ou de désadaptation de l’appareillage ;
- lors des pannes, réglages ou renouvellements de prothèse.
La prothèse aide. Mais elle n’annule pas toutes les conséquences de l’amputation. Une personne amputée ne porte pas sa prothèse 24 heures sur 24
C’est un point souvent sous-estimé dans les expertises. Une prothèse n’est pas portée en permanence. Elle doit être retirée pour dormir, se laver, soigner la peau, reposer le moignon ou en cas de douleur. Certaines personnes ne peuvent pas la porter toute la journée, notamment en raison de frottements, de transpiration, de variation du volume du moignon, de plaies, de douleurs neuropathiques ou de fatigue.
Dans ces moments-là, la victime peut redevenir très dépendante. Elle peut avoir besoin d’aide pour :
- se déplacer dans le logement ;
- accéder à la salle de bain ;
- se laver ;
- s’habiller ;
- préparer un repas ;
- porter des charges ;
- faire le ménage ;
- sortir de chez elle ;
- gérer certaines situations d’urgence.
L’autonomie d’une personne amputée n’est donc pas stable ni continue. Elle varie selon les moments de la journée, l’état du moignon, la douleur, l’environnement et la qualité de l’appareillage.
Une prothèse améliore l’autonomie, mais ne l’efface pas
L’appareillage est évidemment essentiel dans le parcours d’une personne amputée. Il permet de retrouver une mobilité, de reprendre certaines activités, de gagner en indépendance et de préserver une partie de l’autonomie.
Mais il ne faut pas confondre amélioration de l’autonomie et autonomie totale. Une personne amputée peut être appareillée et conserver un besoin d’aide humaine pour certains actes de la vie quotidienne. C’est particulièrement vrai :
- le matin, avant la mise en place de la prothèse ;
- le soir, après son retrait ;
- pendant la toilette ;
- lors des soins du moignon ;
- en cas de douleurs, d’irritations ou de plaies ;
- lors des déplacements difficiles ;
- pour certaines tâches domestiques ;
- pendant les périodes de fatigue ou de désadaptation de l’appareillage ;
- lors des pannes, réglages ou renouvellements de prothèse.
La prothèse aide. Mais elle n’annule pas toutes les conséquences de l’amputation.
Une personne amputée ne porte pas sa prothèse 24 heures sur 24
C’est un point souvent sous-estimé dans les expertises. Une prothèse n’est pas portée en permanence.
Elle doit être retirée pour dormir, se laver, soigner la peau, reposer le moignon ou en cas de douleur. Certaines personnes ne peuvent pas la porter toute la journée, notamment en raison de frottements, de transpiration, de variation du volume du moignon, de plaies, de douleurs neuropathiques ou de fatigue. Dans ces moments-là, la victime peut redevenir très dépendante.
Elle peut avoir besoin d’aide pour :
- se déplacer dans le logement ;
- accéder à la salle de bain ;
- se laver ;
- s’habiller ;
- préparer un repas ;
- porter des charges ;
- faire le ménage ;
- sortir de chez elle ;
- gérer certaines situations d’urgence.
L’autonomie d’une personne amputée n’est donc pas stable ni continue. Elle varie selon les moments de la journée, l’état du moignon, la douleur, l’environnement et la qualité de l’appareillage.
L’aide humaine ne se limite pas aux personnes totalement dépendantes
L’assistance par tierce personne ne concerne pas seulement les victimes qui ne peuvent plus rien faire seules. Elle vise l’aide rendue nécessaire par la perte d’autonomie, même partielle. La Cour de cassation a rappelé que ce poste de préjudice ne se limite pas aux seuls besoins vitaux de la victime. Il peut concerner l’ensemble des actes de la vie quotidienne lorsque la perte d’autonomie oblige la victime à recourir à un tiers.
Autrement dit, une personne amputée peut marcher avec sa prothèse et avoir malgré tout besoin d’aide à certains moments.
Que peut-elle réellement faire seule, dans sa vie quotidienne, avec et sans prothèse ?
Les besoins souvent oubliés après une amputation
Dans les dossiers d’indemnisation, certains besoins sont parfois minimisés parce qu’ils ne sont pas spectaculaires. Pourtant, ils peuvent peser lourd dans la vie quotidienne. Une personne amputée peut avoir besoin d’aide pour :
- la toilette et l’accès à la douche ;
- l’habillage ;
- les soins du moignon ;
- la mise en place ou le retrait de la prothèse ;
- les transferts ;
- les escaliers ;
- les courses ;
- le ménage ;
- la préparation des repas ;
- la conduite ou les déplacements extérieurs ;
- l’accompagnement aux rendez-vous médicaux ;
- la gestion des enfants ;
- l’entretien du logement ;
- les périodes de crise douloureuse ou de fatigue importante.
Ces aides doivent être évaluées concrètement, et non écartées au motif que la victime est appareillée.
Le piège de la “bonne prothèse”
Le coût d’une prothèse ne doit pas servir à nier les autres besoins de la victime. Une prothèse chère peut être utile, performante et nécessaire. Mais elle n’efface pas toutes les contraintes de l’amputation. Elle peut permettre de marcher, sans pour autant permettre :
- de rester debout longtemps ;
- de porter des charges ;
- de marcher sur tous les terrains ;
- de monter et descendre les escaliers facilement ;
- de se déplacer sans risque de chute ;
- de se laver sans aide ;
- de gérer seul les périodes sans appareillage ;
- de vivre sans douleur ou sans fatigue.
L’indemnisation ne doit donc pas opposer prothèse et aide humaine. Ce sont deux besoins différents. La prothèse compense une partie de la perte fonctionnelle. L’aide humaine compense ce que la victime ne peut toujours pas faire seule.
L’expertise médicale : un moment décisif
L’expertise médicale est souvent l’étape où le besoin d’aide humaine doit être expliqué avec précision. Il ne suffit pas de dire que la victime est appareillée. Il faut décrire sa vie réelle. L’expert doit pouvoir comprendre :
- combien de temps la prothèse est portée chaque jour ;
- dans quelles situations elle est retirée ;
- quelles douleurs ou gênes limitent son usage ;
- quelles tâches restent impossibles ou dangereuses ;
- quels actes nécessitent l’aide d’un proche ou d’un professionnel ;
- ce qui se passe en cas de plaie, panne, réglage ou renouvellement ;
- les difficultés dans le logement, les escaliers, la salle de bain, les transports ou à l’extérieur.
L’évaluation doit porter sur les besoins concrets de la victime, pas sur une autonomie théorique.
Comment prouver le besoin d’aide humaine ?
Pour faire reconnaître l’aide humaine après une amputation, il est utile de documenter le quotidien. Les victimes et leurs proches peuvent conserver :
- un carnet des aides apportées chaque jour ;
- les horaires de port et de retrait de la prothèse ;
- les épisodes de douleur, plaies ou impossibilité d’appareillage ;
- les rendez-vous médicaux et prothétiques ;
- les attestations des proches ;
- les justificatifs d’aide à domicile ;
- les photos ou éléments montrant les difficultés du logement ;
- les comptes rendus médicaux et de rééducation ;
- les observations de l’ergothérapeute.
Ces éléments permettent de rendre visibles des besoins qui, sinon, risquent d’être sous-évalués.
À retenir
Une personne amputée appareillée n’est pas automatiquement autonome.
Même avec une prothèse performante, elle peut avoir besoin d’aide humaine pour certains actes du quotidien, notamment lorsqu’elle ne porte pas sa prothèse, lorsqu’elle souffre, lorsqu’elle se fatigue ou lorsque certaines tâches restent impossibles.
L’indemnisation doit partir de la réalité vécue par la victime, et non d’une idée théorique selon laquelle la prothèse réglerait tout.
La bonne question n’est pas de savoir si la prothèse est coûteuse ou de qualité.
La vraie question est de savoir si, malgré cette prothèse, la personne amputée a encore besoin d’aide pour vivre dignement, se déplacer, se laver, s’organiser et accomplir les actes de sa vie quotidienne.