On me dit que je vais mieux. Pourtant, je suis épuisé, j’ai toujours mal et je n’arrive plus à me concentrer comme avant. Comment faire comprendre ce que je vis ?
C’est une difficulté que rencontrent de nombreuses victimes après un accident.
Toutes les séquelles ne se voient pas. Une personne peut marcher, conduire, reprendre son travail et sembler avoir retrouvé une vie normale, tout en souffrant quotidiennement de douleurs, d’une grande fatigabilité, de troubles de la mémoire ou de difficultés de concentration.
Ces séquelles invisibles sont pourtant bien réelles et peuvent avoir un impact important sur l’indemnisation.
« Mes examens sont normaux, mais j’ai toujours mal » C’est une situation particulièrement difficile à vivre.
Une radio, un scanner ou une IRM ne permettent pas toujours d’expliquer l’ensemble des douleurs ressenties. Cela ne signifie pas pour autant qu’elles doivent être ignorées.
La question est surtout de pouvoir retracer leur apparition, leur évolution et leurs conséquences depuis l’accident.
- À quelle fréquence avez-vous mal ?
- Devez-vous prendre des médicaments ?
- Certaines positions sont-elles devenues difficiles ?
- Avez-vous dû arrêter certaines activités ?
Plus les conséquences sont décrites concrètement, plus il est possible de comprendre ce que ces douleurs changent réellement dans votre vie.
La fatigue peut elle aussi devenir une véritable séquelle
Après un accident grave ou un traumatisme crânien, certaines victimes peuvent reprendre leurs activités tout en étant beaucoup plus fatigables qu’avant.
Une journée de travail auparavant normale peut devenir épuisante. Il faut davantage de pauses. Les sorties se font plus rares. Le soir ou le week-end servent essentiellement à récupérer.
Dire simplement « j’ai repris mon travail » ne suffit donc pas toujours à décrire la réalité.
Ce qui compte, c’est aussi de savoir dans quelles conditions vous avez repris et quels efforts cette reprise vous demande désormais.
Les troubles de mémoire et de concentration sont parfois difficiles à expliquer
Oublier un rendez-vous, perdre le fil d’une conversation, devoir relire plusieurs fois un document, ne plus réussir à gérer plusieurs tâches en même temps…
Pris séparément, ces incidents peuvent sembler anodins.
Mais lorsqu’ils se répètent depuis l’accident, ils peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie professionnelle, familiale et sociale.
C’est notamment le cas après certains traumatismes crâniens, où les séquelles cognitives peuvent être importantes alors que la personne ne présente aucun handicap immédiatement visible.
Des évaluations spécialisées, notamment neuropsychologiques lorsque cela est pertinent, peuvent alors contribuer à mieux identifier ces difficultés.
Comment faire reconnaître ce qui ne se voit pas ?
L’un des premiers réflexes est de ne pas minimiser vos difficultés lors des consultations et de l’expertise médicale.
Les victimes ont parfois tendance à répondre « ça va mieux » parce qu’elles ont quitté l’hôpital, recommencé à marcher ou repris leur travail.
Mais aller mieux ne signifie pas être revenu à son état antérieur.
Les comptes rendus médicaux, les traitements suivis, les bilans spécialisés et les arrêts de travail sont importants. Mais votre quotidien permet également de comprendre les conséquences de vos séquelles.
Votre conjoint, vos proches ou vos collègues peuvent parfois constater des changements que vous avez vous-même fini par banaliser : davantage d’oublis, moins de sorties, une irritabilité inhabituelle ou un besoin fréquent de repos.
Lors de l’expertise, racontez votre quotidien
Face au médecin expert, il peut être difficile de résumer plusieurs mois ou plusieurs années de difficultés en quelques minutes. Préparer des exemples concrets peut être utile.
Plutôt que de dire uniquement « je suis très fatigué », expliquez ce que cette fatigue vous empêche de faire.
Plutôt que « j’ai des problèmes de mémoire », donnez des exemples de situations qui n’existaient pas avant l’accident.
L’objectif n’est pas d’exagérer vos difficultés, mais de permettre à l’expert de comprendre précisément ce qui a changé.
Au Cabinet COLLARD & ASSOCIÉS, nous accordons une attention particulière à ces séquelles invisibles afin qu’elles ne soient pas écartées simplement parce qu’elles sont moins faciles à constater.
Vous conservez des douleurs, une fatigue importante ou des troubles cognitifs après votre accident ? Ces difficultés doivent être identifiées et évaluées au même titre que les séquelles visibles.
Peut-on être indemnisé pour des douleurs même si les examens médicaux ne montrent rien ?
L’absence d’anomalie visible sur un examen ne suffit pas, à elle seule, à écarter des douleurs persistantes. Leur réalité, leur lien avec l’accident et leurs conséquences doivent être appréciés à partir de l’ensemble du dossier médical et de l’expertise.
Comment prouver des troubles de mémoire après un accident ?
Il est important d’en parler à ses médecins et de conserver une trace de leur évolution. Selon la nature des troubles, des bilans spécialisés, notamment neuropsychologiques, peuvent permettre de les évaluer plus précisément et d’objectiver leurs conséquences dans la vie quotidienne.
Les témoignages de mon conjoint ou de mes proches peuvent-ils être utiles ?
Oui. Les proches sont souvent les premiers à constater les changements survenus depuis l’accident. Leurs témoignages peuvent contribuer à illustrer concrètement les difficultés rencontrées au quotidien. Ils viennent compléter les éléments médicaux et les autres pièces du dossier, sans s’y substituer.