Emission C dans l'air - intervention Jehanne Collard avocate

Je viens de regarder la rediffusion de l'émission "C'est dans l'air" à laquelle vous avez participé hier. Pour info, vous avez pris en charge la défense de mon fils pour un accident de moto dont il a été victime. Et je dis bien victime, une voiture lui ayant coupé la route.Je reviens sur vos propos lorsque vous dîtes que "la route est un massacre". Je suis entièrement d'accord avec vous. Depuis son accident, la personnalité de mon fils a totalement changé. Alors oui, j'ai de la chance : il est vivant. Et ainsi il ne fera pas partie des statistiques des accidentés "graves" de la route. Mais comment expliquer ma souffrance devant mon fils de 34 ans qui n'a plus envie de se battre, qui a perdu une partie de ses moyens et qui me dit que tout ce qui le concerne ne l'intéresse plus. Il vivait en couple avec de beaux projets de famille :  sa compagne l'a quitté. Il avait des amis : il s'est isolé. Il oublie tout : une pièce de théâtre qu'il a vue le vendredi, il ne s'en souvient plus le mardi suivant.  Il ne gère plus ses papiers administratifs et encore moins ses comptes. Ce qui m'a contrainte à reprendre mon fils en charge. Il a de nombreuses souffrances physiques mais qui peut  identifier ses souffrances, morales, psychologiques et neurologiques qui le rongent ? Pour le moment, il s'accroche à son travail, mais jusqu'à quand ? Alors oui, Maître, la route est un JEU de MASSACRE dont on ne mesure pas totalement les conséquences de ce jeu désastreux. Le code de la route existe, mais beaucoup se complaisent à en contourner les règles. Comment responsabiliser les usagers, car c'est là qu'est le noeud du problème. Je suis consternée de voir que la fierté de certains de vos collègues est de contourner la loi ! Vous avez raison de dénoncer haut et fort l'absurdité de la situation, même si face à vous certains s'émeuvent de vos propos qu'ils considèrent excessifs. Un accident, et vous l'avez souligné, c'est toute une famille qui en est victime. Je suis en colère Maître car en trois mois, deux accidents graves dans mon entourage. Une jeune fille est décédée dans un accident de voiture et un ami de mon fils est à jamais handicapé depuis un accident de moto, une voiture lui ayant coupé la route ! (Tiens un autre !) Maître, je sais que c'est le combat de votre vie et que vous payez dans votre chair cette violence routière que vous ne dénoncerez jamais assez !  Votre présence dans les médias est nécessaire. Merci de parler, comme vous le faites, au nom de tous ceux  qui en sont victimes.