Vivent les radars !

J’ai déjà dénoncé sur ce blog la campagne nauséabonde que mènent certaines associations d’automobilistes contre les radars, traités par eux de « pompes à fric ». Le mensonge est désormais totalement démonté : 92 % des recettes des radars servent à financer la sécurité sur les routes françaises et non à renflouer le budget de l'Etat comme le prétend "Quarante millions d'automobilistes". Le gouvernement vient d’en fournir la preuve détaillée dans le cadre de la discussion parlementaire sur le budget 2018.Les 845 millions d’euros de contraventions récoltés servent à améliorer le réseau routier, sa sécurité et à renforcer le système de contrôle sanction automatisé. A la fin 2018, il y aura sur nos routes, grâce à l'argent des conducteurs imprudents, plus de 4.700 appareils, fixes ou mobiles capables de détecter les excès de vitesse les franchissements de feu rouge ou de passage à niveau et de sanctionner tous des comportements meurtriers. Il me semble que c'est un assez juste retour des choses. Privés de leur argumentaire populiste favori, que vont inventer maintenant les défenseurs officiels des chauffards ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Prétendre que les radars ne sauvent pas des vies ou que la vitesse n’est pas la première cause des accidents et la principale raison de leur gravité relève d’un négationnisme aussi stupide que coupable. Il faut rappeler encore et encore que l’insécurité routière fait encore plus de 3.400 morts par an, infiniment plus que les attentats terroristes. Et qu’elle laisse aussi, chaque année, 25.000 personnes gravement handicapées à vie. Des jeunes gens et des jeunes filles, pour la plupart, dont la vie est définitivement saccagée.

L’Automobile Club de l’Ouest qui finance ces campagnes contre les radars, ferait mieux de méditer sur le comportement réel des conducteurs qu'il prétend représenter. En Mayenne, par exemple, les excès de vitesse sont en hausse depuis le début de l’année. Malgré toutes les mises en garde, les conducteurs roulent de plus en plus vite. Le Préfet en est à sa 115ème suspension de permis. Et le triste décompte des victimes dépasse déjà le bilan des cinq dernières années. Dans le Gard, le week-end dernier , un nomme a tué sa femme et ses deux enfants parce qu'il roulait trop vite, et de plus sans permis dans un véhicule non assuré. Je pourrais multiplier les exemples récents de cette délinquance nouvelle qui joue à pile ou face sur nos routes , avec la vie des autres. Alors oui, je le répète : je défends les radars et leur multiplication, l'application sans état d'âme du contrôle sanction automatisé (CSA). Dans l'espoir que sa généralisation parviendra à casser enfin cette mortifère passion française pour la vitesse.