La SNCF va-t-elle respecter les Victimes de Millas ?

Peu avant Noël, un TER a pulvérisé six adolescents dans un car scolaire sur un passage à niveau près de Millas. Il en a blessé dix autres dont certains ont lutté plusieurs jours contre la mort. La conductrice du bus a soutenu que les barrières étaient ouvertes. Certains témoins l’ont confirmé. D’autres ont déclaré le contraire. Dès les premiers jours, la SNCF a affirmé que le fonctionnement du passage à niveau de Millas était hors de cause. Guillaume Pepy, son président, prétend avoir transmis au procureur de la République, un audit interne qui l’établit. Et c’est là que les questions surgissent. Et avec elles, les soupçons. Pourquoi cet envoi au procureur alors que le juge d’instruction est seul en charge de l’enquête ? Comment expliquer que le magistrat du Parquet affirme n’avoir rien reçu ? Pourquoi la SNCF ne rend-elle pas public un rapport censé la disculper ? Certes un audit interne n’est pas la vérité. Il peut facilement être partial ou partiel. Seule une expertise indépendante ordonnée par le juge d’instruction pourra réellement établir si le signal d’alarme, le voyant lumineux et les barrières de Millas ont vraiment fonctionné. Je suis parfaitement d’accord avec Guillaume Pepy quand il affirme que la vérité de ce drame ne pourra être que judiciaire. Je soutiens pourtant que la SNCF devrait publier sans attendre son audit interne. Essentiellement par respect des victimes, des familles de tous ces enfants morts ou blesses. Car si la vérité ne peut être que judicaire, les lenteurs de la justice, elles, restent totalement inhumaines. Depuis des semaines, des pères, des mères sont ravagés par des questions sans réponses qui viennent ajouter à leur deuil. Imaginons un moment leur désarroi devant l’assurance de la SNCF, les dénégations du procureur, les contradictions des témoins et un dossier d’instruction pour l’instant inaccessible. Face aux polémiques stériles, aux affirmations sans preuve qui hantent les médias, comment ne pas se sentir trahis, méprisés ? La SNCF a choisi de proclamer très tôt son innocence. Elle doit sans plus attendre rendre publiques ses justifications. Pour épargner aux familles des enfants de Millas, au mieux, le sentiment d’être totalement ignorées. Au pire, un doute terrible sur les véritables raisons d’une telle hâte dans la communication.