PORTABLE OU VOLANT : IL FAUT CHOISIR

Une disposition de la loi sur la mobilité, actuellement en discussion au parlement, semble créer un début de polémique. Elle sanctionnerait d’un retrait de permis l’usage du portable au volant quand le conducteur commet une autre infraction.

Il était temps de durcir la lutte contre le portable au volant. L’amende et la perte de trois points, prévues jusqu’à présent par le code de la route, ne dissuadent plus personne. Près de 70% des automobilistes reconnaissent prendre un appel ou pianoter sur leur clavier en conduisant ! Comme si, par la magie de la communication électronique, l’attention à la route était devenue facultative.

Je vois défiler désormais dans mon cabinet des piétons, des cyclistes, gravement mutilés par un conducteur qui n’a pas su résister à l’appel impérieux du SMS. Et la presse s’est fait l’écho des premiers morts, des premières familles endeuillées. Toutes les études de sécurité routière vont dans le même sens. L’usage du portable multiplie par 3 le risque d’accident. Et même par 26 quand le conducteur consulte ou tape un message au volant !

J’entends ceux qui contestent déjà le futur retrait de permis en prétendant que la mesure ne sera pas assez dissuasive. Ou qu’il sera difficile d’établir l’usage du portable au moment d’un excès de vitesse ou du refus d’une priorité. Soit. Inspirons-nous alors des méthodes qui ont réussi à combattre l’alcool au volant. Faisons de l’usage du portable une circonstance aggravante de toutes les infractions et de tous les délits routiers. Augmentons les peines de prison encourus par les automobilistes accros du téléphone en cas d’homicide ou de blessures involontaires. Demandons aux forces de police de vérifier systématiquement l’activité du portable au même titre que l’alcoolémie en cas de contrôle ou d’infraction. 

En matière de sécurité routière, seules la multiplication des contrôles et l’application systématique des sanctions ont un effet pédagogique sur le comportement des conducteurs. Essayons tous ensemble de limiter le nombre de vies détruites par le portable avant que ne s’impose l’évidence : entre téléphoner ou conduire, il faut choisir.

Jehanne Collard

Avocate.

OwnerCommentaire