Tribunal correctionnel d'Albi : huit mois et un an de prison avec sursis requis à l'encontre de l'ophtalmologue et du pharmacien jugés pour homicide volontaire

Le 16 octobre 2014, David Combes, ex-professeur et directeur d'école à Trébas, décédait à l'hôpital de Castres. Quatre ans après les faits, son opthamologue et son pharmacien comparaissaient, ce mardi 16 octobre, devant le tribunal correctionnel d'Albi pour "homicide volontaire". Ses proches, assistés par Me Romy Lafond, étaient notamment présents à l'audience, dans la petite salle du cloître.

 

Vidéo : le reportage de Maria Laforcade et Manon Bazerque, sur France 3 Occitanie.

 

La victime, qui souffrait d'une gêne au niveau des yeux, s'était rendue, quelques jours plus tôt, chez son médecin généraliste (celui-ci, mis en examen, a bénéficié d'un non-lieu) qui l'avait alors orienté vers un opthalmologue réputé sur l'Albigeois. Ce dernier lui avait diagnostiqué, le 9 octobre, une inflammation liée à la résurgence d'une toxoplasmose et avait prescrit un arrêt de travail, ainsi qu'une une ordonnance comprenant un traitement à base d'antibiotique, de cortisone, de vitamines et de Malocide. Les expertises réalisées à la suite du décès du père de famille, âgé de 34 ans, avaient notamment mis en avant un surdosage de Malocide. La victime, qui avait alors été chercher ses médicaments à la pharmacie, ne s'était pas sentie bien, dès la première prise (nausée, fatigue...). Trois jours avant son arrêt cardio-respiratoire, elle avait été revoir l'ophtalmologue, après un entretien téléphonique avec son médecin généraliste. Le spécialiste lui avait alors parlé d'effets secondaires.

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Le jugement mis en délibéré

Devant les représentants de la justice, l'opthalmologue, assisté par Me Cathala, a reconnu, comme ce fut le cas lors de sa garde à vue, une inversion de posologie sur l'ordonnance. Quant au pharmacien, défendu par Me Ruffié, il ne connaissait pas à l'époque le produit (Malocide) et s'est renseigné à son sujet en consultant le Vidal (base de données en ligne des prescripteurs libéraux). Le tribunal s'est notamment interrogé sur le fait qu'il n'a pas cherché à contacter l'ophtalmologue pour voir s'il n'y avait pas une éventuelle erreur. Pascal Suhard, qui représentait le Parquet, s'est étonné : "Personne n'est responsable de cette mort là alors que Mr Combes était accompagné médicalement ?" Il a requis huit mois de prison assorti du sursis pour l'ophtalmologue et un an de prison assorti du sursis et interdiction d'exercer durant six mois pour le pharmacien. Le jugement a été mis en délibéré au 22 novembre prochain à 14 heures dans l'enceinte du tribunal de grande instance d'Albi.

Le Tarn Libre, G. Cou